Conduire à Istanbul
Ne soyez pas effrayés dès la première minute, circuler
dans Istanbul n’est pas si difficile, sachez seulement vous adapter. Facile
à dire! Un bon klaxon, de bons amortisseurs, beaucoup de tolérance
et du calme, toujours du calme, encore du calme, vous voilà prêts.
La ville n’est absolument pas équipée pour faire face au
climat. Dès les premières pluies, si vous n’êtes pas
bloqués, vous roulerez dans des mares et probablement arroserez les passants
de gerbes d’eau gigantesques. Les rues pour la plupart en pente, sont transformées
en torrents plus ou moins boueux. Il est préférable de ne pas
vous décrire les embouteillages. Avec la neige c’est encore mieux,
en un clin d’œil, la ville peut être complètement paralysée
(à qui mieux, mieux de raconter les heures passées dans la voiture
coincé sur les routes). Bouchons, accidents, pannes et on se débrouille
comme on peut pour regagner son chez-soi. Entre autre, avec les coupures d’électricité,
conséquences de la pluie, il n’y a plus de feux de signalisation,
un tableau réjouissant.
Pour vous déplacer, choisissez si possible vos horaires et trajets.
Avec de l’expérience vous vous y habituerez. Surtout pas d’affolement
et prévoyez largement votre temps (bien que la ponctualité turque
soit élastique, la circulation à souvent bon dos, n’hésitez
pas à en profiter vous aussi!)
Vous pourrez être surpris un beau jour, quand en prenant votre itinéraire
habituel, vous vous trouverez face à des obstacles inattendus et pour
le moins surprenant: rue barrée, déviation, travaux de voiries,
bennes-poubelle, camions de livraison, échafaudages et le plus rageant
voitures mal garées ou chauffeurs papotant, indifférents au reste
du monde. Vous trouverez même des voitures garées juste derrière
la votre vous empêchant de sortir du parking, là l’attente
est souvent longue et la puissance de votre klaxon doit être maximum.
Quand à l’état des routes. Des trous partout, rebouchés
à la va vite, vous aurez des rues toujours défoncées mais
jamais au même endroit, alors n’essayez pas de vous en souvenir,
ils seront différents chaque fois, un seul conseil: la prudence.
Passons à la conduite en elle-même. Un style surprenant! Dans
ce grand fouillis comment s’y retrouver, un seul principe “aucune
règle, tout est permis, rien n’est impossible” dans le genre
“à la grâce de Dieu”. Il faut quand même avouer
qu’il y a eu de grands progrès accomplis ces dernières années
sur le plan de la réglementation et des amendes. Une fois au volant (comme
partout ailleurs) même les gentils turcs se transforment en agresseurs,
chacun étant dans son droit. Les automobilistes détestent les
piétons, qui exècrent en retour les chauffeurs. En dehors de détails
comme le port de la ceinture non respecté ou téléphoner
en plein virage en conduisant d’une main avec une cigarette à la
bouche, la priorité à droite est une futilité, les feux
rouges facultatifs, les sens interdits tous permis, le dépassement sur
la droite habituelle, trois files de voitures sur une seule voie avec ceux pas
contents, qui arrivent en face, les voitures garées en double stationnement
narguant les panneaux d’interdiction de stationner, les demi-tours in-extrémistes
sur les chapeaux de roues, les marches arrières imprévisibles,
vous n’aurez pas le temps de faire une manœuvre encore moins un créneau
sans vous faire coincer et klaxonner par celui qui est derrière, aux
intersections personne ne laisse passer personne d’où les nœuds…
Quoi encore? Mais si bien sûr, les taxis (la moitié des véhicules),
les mini-bus, autobus, voitures militaires qui sont les maîtres de la
ville.
Les Turcs sont impulsifs, en cas d’accrochage ne descendez pas de votre
véhicule si vous voyez que l’autre est énervé, restez
calmes et polis, pas de gestes intempestifs. Ne vous mêlez pas de ce qui
ne vous concerne pas. Par contre si vous avez un problème, vous aurez
devant vous les êtres les plus serviables qui soient, ils (se mêleront)
vous aideront même à vous garer avec de grands gestes et Gel!
Gel! Gel! (viens! viens! viens!). Les Turcs sont d’excellents mécaniciens
et seront les premiers à vous dépanner. Il est bien connu que
les femmes ne savent pas conduire, alors elles auront systématiquement
tort, mais au plus petit pépin elles pourront profiter de cette soi-disant
faiblesse pour se faire aider.
Quand vous empruntez les autoroutes sachez que celles-ci sont signalées
par des panneaux verts qui n’ont rien à voir avec les itinéraires
bis. Il n’y a pas vraiment de plan ou carte d’Istanbul, et au début
vous serez largement perdus dans cette grande toile d’araignée.
Se garer, le cauchemar de toutes les grandes villes. Les parkings payants officiels
sont signalés par des panneaux otopark. Il existe des parcmètres,
des parkings moins officiels avec un petit monsieur, le fameux kahya,
qui vous saute dessus le moteur à peine éteint, pour vous réclamer
de l’argent. Le prix est calculé à l’heure ou à
la journée.
Les fourrières sont particulièrement nombreuses (encore plus
à Niþantaþý), alors payez votre parcmètre si
non-gare au sabot avant de voir votre véhicule enlevé.
En cas d’accident ou accrochage ne jamais déplacer le véhicule,
qu’il y est un bouchon ou non, attendre la police Trafik Polis qui
établira le constat, même si cela doit durer des heures !
N’oubliez pas de régler les taxes automobiles Taþýt
Vergisi en janvier et juillet.
Avec l’habitude et une bonne dose d’humour, vous prendrez les choses
du bon coté, et en peu de temps vous vous surprendrez à ne pas
toujours respecter le code !
Par Michèle Tengizman Goris
Mise à jour le : 16.12.2005
Derniers commentaires à propos de cet article.
By
littlemary 16.10.2004
Bravo pour ton article Michèle, je viens de revivre Istanbul comme je l´ai vécu. Merci et chapeau pour ton humour :)))
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