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Byzance ma ville

Photo Bülent Yüksel
Par Zeyda Üstün

Pour fêter mes 50 ans l'année dernière en août, mes proches m'ont demandé ce que je désirais comme cadeau. Du haut de mes 50 ans je me suis sentie le droit de demander impudemment ceci et cela.

De mon amie Seda Toksoy, ancien guide, je me suis permise de demander un "tour de Byzance". Mon amie était très prise par son travail, les journées d'hiver courtes, toujours est-il que nous n'avions pas pu faire cette sortie. Enfin la dernière semaine d'avril, j'ai reçu un coup de fil de Seda me disant que nous ferions cette randonnée le 10 mai.

Le samedi matin de bonne heure nous nous sommes retrouvées au débarcadère de Beşiktaş et pour notre première étape nous sommes allées visiter mon musée préféré : Le Musée de la Céramique Büyük Saray Mozaik Muzesi. En chemin Seda m'a dit que Byzance se trouvait à sept mètres sous l'Istanbul actuelle et qu'il existait des ressemblances étonnantes entre Byzance et nous. Beaucoup d'usages de la vie à Byzance ont continué sous les Ottomans et même parvenus jusqu'à nos jours. Sans en connaître l'origine, nous les pratiquons sans nous en rendre compte.

Il est possible de voir cette influence culturelle sur l'architecture traditionnelle, dans le Grand Palais des empereurs byzantins. Le palais se trouvait sur le terrain qui s'étend de la place de Sultanahmet au bord de la mer, exactement comme le Palais de Topkapi, formé d'édifices construits suivant les besoins. Ces bâtiments aménagés suivant la pente naturelle du terrain se trouvaient au milieu de jardins spacieux. Le palais, la salle du trône (de nom uniquement car en réalité cette pièce n'a absolument rien de grandiose et de majestueux), les bâtiments d'été et d'hiver, les pavillons de week-end qu'appréciés certains empereurs, terrains de polo (jeu appris des Perses dont les Byzantins raffolaient), un complexe formé d'une dizaine de petites résidences où vivaient en toute tranquillité les impératrices avec leur suite (enfin presque toutes).

Style évidemment très différent des palais occidentaux ou du Palais de Dolmabahce, des Yali résidences de bois sur le Bosphore dans lesquelles la famille impériale ottomane déménagea au 19ème siècle et conçus de façon plus rationnels par les architectes Balyan.

Il est dommage que nous ne puissions connaître la plupart des exemples d'architecture civile de Byzance que par les écrits des voyageurs et des "annuaires" officiels une ville comme Istanbul, reconstruite successivement au cours des différentes civilisations, les constructions ayant été négligées, il n'a pas été possible de conserver la structure initiale. Constantinople comptait cinq cent mille habitants, une ville dont les vestiges archéologiques n'avaient pas que la nombreuse population comme ennemie, mais aussi les fréquents incendies, guerres, tremblements de terre qui l'anéantissaient en permanence. C'est ainsi que malheureusement les ruines de Byzance sont (en grande partie) réduites à deux dimensions.

Mais retournons de ces "vestiges à deux dimensions" à notre Grand Palais et à ce que nous pouvons apprendre autant des incomparables mosaïques que des extraordinaires chroniques et diverses sources.

On appelle actuellement Pointe du Sérail l'emplacement qu'avait choisi l'empereur Constantin pour fonder sa nouvelle capitale. La ville étant pour la première fois dans ses limites, le Grand Palais était entouré des inévitables bidons-villes de quartiers pauvres. Richesse et pauvreté comme aujourd'hui coexistaient déjà dans Byzance au 5ème siècle. Les jardins et vergers des murailles du Palais étaient très réputés et pour éviter les voles, ils avaient été construits sur des terrains en pente qui cachaient des lacs dans lesquels tombaient les voleurs éventuels.

Les mosaïques qui recouvrent une superficie de 1800 mètres carrés dans la cour aux colonnes située devant la salle du trône impériale, ne furent découvertes qu'au moment de l'occupation anglaise à la fin de la Première Guerre Mondiale. Par la suite avec l'aide des Autrichiens, les mosaïques furent séparées en blocs, transportées à l'église Sainte Irène dans des laboratoires provisoires, là nettoyées, restaurées, elles furent rassemblées comme un gigantesque puzzle. A cause de l'étroitesse des rues et des différents problèmes rencontrés, les fouilles et les travaux de restaurations prirent quinze ans et demandèrent beaucoup d'efforts. Le bâtiment du musée a été construit sur l'emplacement même des mosaïques. Des vides ont été laissés à la place des pièces qui n'ont pas pu être retrouvées à côté de celles restaurées à Sainte Irène.

Le thème principal des mosaïques est consacré à la vie pastorale. (Dans une vie citadine où richesse, luxe et par la suite vie dégénérée, étaient souverains, ce thème est d'autant plus significatif). Scènes de chasses, monstres mythologiques, paysages… Au temps de Justinien, bien que les mosaïques soient du 6ème siècle, on ne trouve aucune représentation chrétienne à côté des nombreux motifs païens, coïncidence intéressante. Les arbres et les fleurs choisis comme models sont tous salutaires à la santé. Au centre de la cour aux colonnes, recouverte de mosaïques, a été découvert un coin de terre fertile propice à l'agriculture. Une preuve supplémentaire de la passion des Byzantins pour les jardins et fleurs. Malheureusement nous ne savons rien des plantes qu'ils utilisaient dans l'agencement des jardins.

Le sol sur lequel se trouvent les mosaïques a été conçu d'une façon intéressante. Une couche faite de débris de d'amphores Gazze recouverte de terre puis une couche d'enduit et enfin les mosaïques. Il est possible de voir ces différentes couches sur les murs originaux du musée.

Si l'on sait qu'il y a en moyenne 40 mille morceaux pour un mètre carré, cela veut dire que l'ensemble de cette œuvre compte près de 75 à 80 millions de morceaux de mosaïque !

L'empereur se considérait l'égale du Patriarche et s'asseyait en haut du triple trône les dimanches matin uniquement. Il se considérait également comme le représentant de Dieu sur terre. Les empereurs ne l'étaient pas systématiquement de père en fils. Bien que le fils aîné soit considéré comme l'héritier, l'empereur choisissait de son vivant celui qui lui succéderait. Pour cette raison, frères, cousins et favoris rivalisaient pour obtenir le trône. Ces guerres n'étaient pas déclarées et franches mais des intrigues diplomatiques et sournoises. L'expression "Intrigues byzantines" vient de là. Les fils ne succédant pas directement à leur père, il n'y avait pas d'aristocratie dans le monde byzantin dans le sens où on l'entend normalement et des gens de très basse classe pouvaient alors accéder au trône. Comme l'exemple de la dynastie macédonienne fondée par l'empereur Basileus, paysan grec qui imposa le grec comme langue officielle.

Alors que le paganisme était strictement interdit par l'Eglise, les empereurs comme le peuple croyaient aux devins et astrologues. Ceux-ci vivaient en permanence au palais. Porte-bonheur, rêves, interprétations faisaient partie des mœurs du palais. Usages qui ont continué chez les Ottomans. Il y avait même un titre de "Chef Devin". C'est lui qui décidait du premier jour d'une guerre, du prénom du futur héritier sur le point de naître...

Les renseignements que nous avons sur la vie quotidienne de Byzance sont passionnants. Par exemple les Byzantins utilisaient venues d'Orient des fourchettes à deux bouts, alors que les occidentaux ne connaissaient que la cuillère et le couteau. Ceux-ci furent effrayés quand ils virent cet étrange instrument….Les enfants suivaient un enseignement privé chez eux jusqu'à l'âge de 14 ans. Après cet âge les jeunes garçons allaient au collège où ils étudiaient, philosophie, astronomie, mathématiques et géométrie. Ceux qui le désiraient, entraient à l'université. Les filles n'allaient pas à l'école mais pouvaient poursuivre des études en privé et même devenir docteur. Dans les hôpitaux de Byzance les femmes étaient dans des services séparés des hommes et seul des médecins femmes pouvaient y entrer.

A Byzance l'habitude du hammam était assez bien développée. Les maisons riches avaient des salles de bain. Dans les hammams de quartier, le matin était réservé aux hommes, le soir aux femmes. Les maisons riches soigneusement construites, étaient chauffées sur le principe de l'hypocauste connu alors des bains romains. Hypocauste était le nom donné à l'immense poêle qui chauffait toute la maison par un système de conduits en briques qui circulaient entre les murs et dans le sol.

Les rues étaient si étroites que les fenêtres en avancées des maisons se touchaient entre-elles. Les jardins se trouvaient à l'arrière de la maison. Le même principe a toujours été appliqué dans Istanbul La maison de ma grand-tante à Kadiköy, par exemple avait des fenêtres en avancée sur la façade donnant sur la rue et un jardin derrière. Les jardins étaient complètement séparés de la rue. Le rez-de-chaussée des maisons étaient réservé aux hommes et leurs hôtes. Par contre les femmes et les enfants vivaient à l'étage supérieur.

Les femmes, les impératrices comprises sortaient toujours voilées dans la rue. Seule exception la reine Zoé... A propos d'elle, je dois rappeler quelque chose : la fresque de Sainte Sophie sur laquelle était représenté le mari de Zoé fut renouvelée quatre fois, mais seul le visage était changé, forme de photomontage de l'époque pourrait-on dire...!

Dans les immeubles de cinq six étages, des chambres étaient louées à ceux qui venaient travailler à Istanbul. Les toilettes étaient communes et il existait un système de canalisations relié à la mer. Au 7ème siècle par un décret impérial, chaque maison devait stocker trois mois de vivres. Pour subvenir au besoin d'eau en cas de sièges, fréquents à l'époque, il y avait dans tous les quartiers de l'enceinte de la ville, des aqueducs, merveilles architecturales et des dizaines de citernes plus ou moins importantes.

Le tambourin et la flûte étaient les instruments les plus appréciés. Les empereurs écoutaient également de l'orgue. Le niveau intellectuel était très élevé et les livres étaient particulièrement appréciés. Les premiers temps ces livres étaient faits en papyrus venu d'Egypte. Après les croisades, l'Egypte ne faisant plus partie des frontières, c'est le parchemin de Pergame qui le remplaça. Les livres étaient écrits à la main et avaient des couvertures très chargés en bois ou en argent. Les jeux d'échecs et de dames étaient des jeux de réflexion très prisés et l'éducation physique avait également une place importante. Sur l'hippodrome étaient donnés des spectacles de bouffons, jongleurs, également des divertissements musicaux qui auraient pu faire penser à nos spectacles de cabaret.

Il y avait toujours des eunuques dans les palais et maisons aisées, une habitude que l'on retrouve dans les palais ottomans. Quand les riches sortaient en voiture dans la rue, il y avait au moins trois ou cinq eunuques qui couraient devant celle-ci. A la mesure où la topographie de la ville le permettait, toutes les rues étaient parallèles. Savoir pourquoi les Turcs ne se sont pas inspirés de ce beau principe !!! Comme il est étrange de constater que nous avons pris toutes les mauvaises habitudes des Byzantins pour laisser malheureusement les bonnes de côté...

Les vêtements étaient toujours très élégants. Des tissus colorés et brillants, ornés de pierres précieuses servaient aux habits de tous les jours. Les hommes étaient aussi passionnés de mode que les femmes. Symbole de l'empire, la couleur des arbres de Judée avait une place toute particulière dans cette Byzance bigarrée. Cette couleur pourpre était obtenue à partir d'un coquillage rare, le murex, très chère elle était uniquement réservée aux empereurs et à leurs familles. La chambre où naissaient les princes et princesses, était de cette couleur. C'est de là que vient l'expression "naître dans la pourpre" utilisée encore aujourd'hui en Europe pour exprimer l'aristocratie ou une haute naissance. Dans l'église In Chora, ce privilège est montré sur les mosaïques représentants la Vierge Marie tissant dans le temple une étoffe de couleur pourpre, symbole d'importance, suivit du regard jaloux des femmes qui l'entourent...

Notre deuxième étape: Le triangle formé par l'église Prediktor, le palais de Tekfur et le musée de Kariye. J'avoue avoir été terriblement déçue par l'église Prediktor. Le quartier de Zeyrek sous la protection de la Mairie de Fatih et avec le soutient de l'Unesco commencé à être restauré quant à la suite d'élections le nouveau maire sortant ne s'y intéressant pas, les travaux furent arrêtés et le projet laissé à l'abandon.

Je terminerai sur cette note un peu nostalgique, la première partie de cette passionnante promenade dans ma ville de prédilection...


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